Tricherie générale à l’examen VTC : Plus de 500 tricheurs attrapés

Pour devenir chauffeur VTC, il faut être formé et titulaire d’un diplôme. L’examen mit en place par l’Etat est d’une simplicité absolue, mais pourtant, dès la première cession organisée le 5 avril 2016, le ministère a dû invalider le diplôme de 501 participants pour cause de tricherie.

Prévenus hier par courrier, les 501 tricheurs (sur 1462 participants) devront repasser l’examen VTC. Nous constatons que plus d’un tiers des postulants à ces épreuves se sont rendu coupables de tricherie. Les services de l’Etat ont procédé à des contrôles aléatoires pour arriver à coincer les contrevenants, mais le pire dans cette histoire vient du fait que ces tricheries ont pu avoir lieu uniquement car les centres de formation ont permis ces agissements. Une source proche du dossier se confie :

« Nous avons constaté que de nombreuses copies avaient été corrigées une première fois puis noté en tenant compte de ces corrections. Dans d’autres cas, c’est l’organisation même de l’examen qui a été plus « légère », avec des candidats laissé sans surveillance ou pouvant communiquer entre eux. »

Les plateformes de mise en relation VTC dans le viseur

Constatées par des huissiers et services préfectoraux lors de contrôles aléatoires, ces tricheries semblent avoir été organisées par certaines plateformes VTC, que nous ne citeront pas (Disons que l’une d’elle pourrait être américaine…) et qui disposent elles mêmse de leur propre centres d’examen. Le besoin en « chair fraîche » de ces applications VTC est énorme avant l’Euro 2016. Nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme dans cet article, mais visiblement, les besoins commerciaux de ces multinationales  du VTC ont poussés de nombreux centres à « accompagner » leurs candidats plus que de raison.

Les centres d’examen complices

Sur un total de 50 centres d’examen VTC, les irrégularités ont été constatées dans 10 d’entre eux, dont 4 à Paris et 3 dans le Val d’Oise. Se sentant libres de tout contrôle, ces centres d’examens plutôt conciliants auraient pu manipuler certains résultats pour favoriser les plateformes VTC, mais aussi pour leur propre bénéfice :

« comme dans toute école, plus vous obtenez un taux de réussite élevé, plus vous attirerez de nouveaux candidats »

Les 10 centres d’examen VTC ont reconnus leurs torts mais ne perdront pas pour autant leur agrément leur permettant d’organiser des examens VTC. Profitant du flou de la législation actuelle et de l’effet de nouveauté, ces centres n’auront qu’une tape sur les doigts, et ne perdraient leur agrément qu’en cas de récidive… Ne me demandez pas pourquoi, je serai incapable de vous répondre…

Concernant les tricheurs, ils auront la possibilité de repasser l’examen VTC (Ne me demandez toujours pas pourquoi, je serai incapable de vous répondre…). Nous ne savons pas si les centres tricheurs leur referont payer les 150€ ou s’ils leur offriront gracieusement.

Comment éviter de nouvelles tricheries ?

Selon le ministère du transport, des modifications de modalités d’examen VTC seront effectuées dès les prochaines cessions qui auront lieu le 3 mai 2016. Pour éviter que de tels agissements se reproduisent, les candidats devront noter le nombre de question auxquelles ils auront répondu et justifier tout changement de réponse. Le nombre de contrôles aléatoires devrait aussi augmenter afin d’assurer une certaine partialité.

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Selon nous, les contrôles ne devraient pas être aléatoires, mais obligatoires ! Si plus d’un tiers des participants à l’examen se sont révélés être des tricheurs sur de simples contrôles aléatoires, qu’en aurait-il été si tous les centres avaient été contrôlés ? Quel était le taux de contrôle à cet examen ? Si les contrôles n’ont été effectués que sur une minorité des centres d’examens VTC, se pourrait-il qu’en réalité une majorité des centres aient commis les mêmes agissements sans se faire attraper ?

Les plus grandes victimes de ce agissements : Les VTC indépendants, les taxis… Et les usagers !

En effet, en simplifiant l’examen VTC à un niveau de CM1, en modifiant  les modalités, et en permettant une triche généralisée et organisée, l’accès à la profession de VTC est désormais plus que bradé.

Le résultat sera sans appel pour les professionnels du secteur (VTC et taxis) qui se retrouveront face à une concurrence travaillant aveuglément pour les applications VTC, incapable de comprendre que les tarifs pratiqués les font travailler à perte. S’il leur faut tricher à un examen si simple, alors comment arriveront-ils à gérer leur structures comme de vrais chefs d’entreprises ?

En organisant ces tricheries, les plateformes VTC cherchent en réalité à obtenir une masse de travailleurs la moins qualifiée possible afin de pouvoir continuer à baisser les tarifs sans encombre, mais surtout sans que les chauffeurs s’en rendent compte trop vite. Comme le disait très justement Yann Ricordel (DG des Taxis Bleus) face à Thibault Symphal (DG d’Uber) lors de ce débat, le turn over de chauffeurs travaillant en salariat déguisé … pardon… en partenariat avec des éditeurs d’applications VTC est énorme.

Un chauffeur VTC d’application tient en moyenne 1 à 2 ans avant de quitter le métier, épuisé, parfois pour cause de santé. Moins le chauffeur sera qualifié, plus il sera malléable, et plus il restera longtemps sous la coupe des applications. En effet, avec des « partenaires » sous-qualifiés, le turn over des applications VTC pourra passer à 3 ou 4 ans.

Le chauffeur VTC d’application de 2016 en France ne gagnerait pas plus qu’un mineur chilien

Cette triche aux examens de VTC favorisera donc la montée en force des applis, la baisse des tarifs et une concurrence impossible à contrôler pour les VTC indépendants et les taxis

Concernant les usagers, ils se retrouveront à monter en voiture avec des chauffeurs inexpérimentés, sans compétence, augmentant donc les dangers potentiels. Accidents et altercations client/chauffeur sont à prévoir, mais aussi augmentation des temps de trajets pour cause de méconnaissance du terrain.

Nos réclamations pour les prochains examens

Suite à ce premier scandale, qui prouve bien la malhonnêteté de certaines plateformes VTC et de leurs centres de formation associés ou partenaires, nous demandons :

  • Que la totalité des centres de formation soient contrôlés lors des cessions d’examen (présence d’un huissier)
  • Que les centres d’examen facilitant les tricheries perdent immédiatement leur agrément dès lors qu’une fraude sera constatée, et non pas en cas de récidive
  • Que les candidats coupables de tricherie ne puissent pas repasser l’examen avant 2 ans minimum

Bien entendu, nous attendons toujours que l’examen VTC se complique et le tronc commun avec l’examen de taxi, mais là n’est pas le sujet du jour.

En attendant… il nous reste une chose à dire :

On vous avait pourtant prévenu !

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Bonne journée et bonne route à tous, avec Adopte un VTC !

 

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