CAPA-VTC : Des réseaux sociaux aux cabinets ministériels, Genèse d’une association professionnelle de chauffeurs VTC

Ces derniers jours furent riches en bouleversement sur la planète VTC. Les médias s’intéressent de plus en plus aux chauffeurs et commencent enfin à les différencier des éditeurs d’applications, qui ne sont désormais plus les représentants des chauffeurs professionnels.

A la base de cette nouvelle considération des médias ET des pouvoirs publics, nous remarquons que l’association CAPA-VTC, chef de file du mouvement des chauffeurs VTC et capacitaires indépendants, a été le groupement précurseur de cette évolution.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore CAPA-VTC, nous avons souhaité les présenter ici afin de comprendre leur évolution, leurs actions et leurs objectifs.

CAPA-VTC : Qui sont-ils ?


Outre ses adhérents, CAPA-VTC compte un bureau (président, trésorier, secrétaire), un conseil d’administration composé des 12 membres fondateurs, et des membres actifs. Elle est assistée par un cabinet d’avocat (Cabinet Vaughan, représenté par maître Hamida)

Président : Helmi Mamlouk

Helmi est chauffeur VTC depuis près de 3 ans. Il a débuté en travaillant majoritairement en partenariat avec des éditeurs d’applications VTC, mais, après avoir divisé son temps entre conduite et prospection, il a développé petit à petit sa clientèle personnelle jusqu’à réussir à s’affranchir à 100% des applications. Helmi a finalement su fidéliser un nombre impressionnants de clients personnels.

Trésorier : Mahmoud Obeidi

Fort d’une expérience de 11 ans dans la grande remise, Mahmoud a vécu le changement compliqué de législation lors du passage de GR à VTC. Il a travaillé en partie avec application, mais est resté attaché à sa clientèle personnelle. Il travaille désormais majoritairement en mise à disposition pour une clientèle prestigieuse avec 95% de clientèle personnelle.

Secrétaire : Pierre Chartier

Pierre est nouveau dans ce métier qu’il exerce depuis moins d’un an. Il travaille majoritairement sous applications, mais il a déjà commencé à se faire une clientèle perso. Son implication récente dans le milieu des VTC offre une vision différente nécessaire au développement de l’association.

Avocat : Abdelkader Hamida (Cabinet Vaughan)

Avocat depuis 10 et associé au sein du cabinet Vaughan Avocats, Maître Hamida intervient en matière de relations sociales, notamment dans les restructurations d’entreprises. Présent depuis les premières réunions de création de CAPA-VTC, il conseille les membres du bureau afin d’agir au mieux dans l’intérêt de la profession. Il a notamment obtenu du tribunal Administratif de Paris et du Conseil d’Etat qu’ils reconnaissent à CAPA-VTC le droit de représenter l’ensemble des professionnels VTC et capacitaires en justice.

Pourquoi CAPA-VTC est né ?

Les chauffeurs VTC présents sur internet ont pris l’habitude de se regrouper sur les réseaux sociaux, notamment sur des pages et groupes Facebook.

A travers les discussions, sujets et débats lancés sur ces groupes, il est apparu que de nombreux chauffeurs souhaitaient voir se créer une véritable association de chauffeurs VTC capable de les représenter face aux éditeurs d’applications, aux pouvoirs publics, aux médias, aux concurrents, etc…

Les chauffeurs étaient bien conscients que les associations de l’époque, majoritairement dirigées par les éditeurs d’appli VTC, ne chercheraient qu’à servir leurs propres intérêts.

Après de nombreuses discussions, des rendez-vous, des rassemblements, etc… il y eu plusieurs tentatives de création d’associations de chauffeurs, sans jamais avoir de résultats concrets.

Le 2 juin 2015, des chauffeurs se déconnectèrent des applications et se rassemblèrent spontanément par petits groupes, conscients que sans existence associative légale, et sans préavis de grève, il était interdit de manifester sur la voie publique.

Les débuts de CAPA-VTC

Suite à cela, les premières réunions de réflexion visant à créer CAPA-VTC commencèrent, et ce fut le début de l’aventure.

Quelques jours après sa création officielle, CAPA-VTC, envoyait une lettre ouverte à la mairie de Paris, et obtint une audience en urgence en référé au tribunal administratif de Paris. Même si le tribunal a débouté CAPA-VTC de ses demandes, il lui a cependant reconnu le droit d’agir en justice pour les chauffeurs VTC et capacitaires.

Le premier article paru dans les médias présentant les chauffeurs tels qu’ils étaient vraiment, et non comme des éditeurs d’application fut celui de Florian Débès des échos. Il fut rapidement suivi par de nombreux autres.

Alors que Capa-VTC était seul à défendre le droit des chauffeurs lors de la journée sans voiture, la seule réponse d’Uber fut de baisser de 20% les tarifs des courses suscitant la colère des chauffeurs dès le 9 octobre. Le détail du déroulement des événement est repris dans cet article de la tribune.

Cette apparition dans les médias fit sortir de l’ombre de nombreux candidats à la création d’association souhaitant surfer sur la vague de succès de CAPA-VTC, et certains journaux parlèrent même d’un syndicat (malheureusement sans existence légale) qui aurait été créé en une nuit…. EN UNE NUIT !!!!!!!!! Quand on connaît la somme de travail à abattre en amont pour créer ce type de structure, nous nous somme demandé comment certains pouvaient croire à cela.

Même s’ils étaient solidaires des chauffeurs dans leur action, CAPA-VTC n’a pas appelé à la manifestation pour plusieurs raisons :

  • Sans préavis, une manifestation ou un groupement pouvant créer un trouble à l’ordre publique est illégal
  • Ce type d’action, si elle devait être faite, devrait être déclaré en préfecture
  • Les actions visant à améliorer le quotidien de travailleurs doit être réfléchie et préparée avec soin

Cependant, au courant des actions lancées via les réseaux sociaux, certains membres de CAPA-VTC se rendirent sur place afin de garantir leurs présence à leurs membres, et d’éviter d’éventuels troubles à l’ordre public qui ne seraient pas bénéfiques à la profession.

En parallèle, le président de CAPA-VTC obtenait un rendez-vous, honoré hier (14 octobre 2015), au ministère de l’économie, de l’industrie et du numérique.

Une source proche du dossier nous a confié que le ministère aurait vu d’un bon œil d’échanger avec un interlocuteur crédible prêt à porter la voix des chauffeurs

Le ministère serait très intéressé de comprendre le positionnement des chauffeurs concernant les  importantes baisses tarifaires de l’application UBER. Ils voudraient aussi en savoir plus concernant les déconnexions-sanctions effectuées par cette application. Le ministère souhaiterait comprendre comment travaillent les chauffeurs, comment ils gagnent leurs vies, afin que le point de vue des chauffeurs soit pris en compte par les différents ministères (notamment celui du transport)

le ministère de l’économie serait prêt à travailler avec CAPA-VTC, pour aider les chauffeurs à faciliter leur activité

Capa-VTC est désormais pris au sérieux par les pouvoirs publics et c’est le début d’un travail qui concerne l’ensemble des chauffeurs de la profession.

Nous concernant, il est évident que nous soutenons CAPA-VTC dans leurs démarchent, tant elles nous semblent adéquats aux besoins actuels des chauffeurs !

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